Exercice d'écriture
Publié le 31 Juillet 2012
Un exercice d'écriture assez ludique : Vous vous postez dans un endroit public, café, jardin, parc etc... Le but est de pouvoir observer une personne suffisamment longtemps et succeptible de vous inspirer. Qui est elle, que fait elle, est ce qu'elle attend quelqu'un, comment va t'elle, ou en est elle actuellement dans le cours de sa vie...
Cet exercice est basée sur l'observation, on peut savoir beaucoup de choses sur quelqun en l'observant, son allure, sa tenue, son regard, sa gestuelle etc...
Exercice également basée sur l'imagination évidemment, l'observation seule ne va pas permettre de tout savoir sur la personne en question.
J'aime cet exercice que j'ai découvert il y a peu de temps, (loin de moi l'idée de m'approprier cet exercice surement vieux comme le stylo).
Je l'aime parce que l'écriture en lieu public est stimulante, je crois que la vie qu'il y a autour de nous dans ces cas là est source d'inspiration.
Contexte : Nous nous trouvons, moi et une agréable compagnie à Saint Aubin sur mer Calvados, dans un café-livre. Nous sommes en plein mois de Juillet en semaine vers 11 heures, il ne fait néanmoins qu'une quinzaine de degrés et de grosses averses balayent la région.
La personne en question est un homme agé entre 52 et 55 ans, ses cheveux encore nombreux et bien coiffés sont gris. Il porte des lunettes, une belle montre, polo, bermuda, sandales, tout cela de bonne facture et plutôt chic, il a une allure générale soignée. L'homme affiche une mine réjouie, son regard alterne entre son journal et l'observation de ce qu'il l'entoure.
Il semble ravi de la compagnie que lui offre ce café, dans ce dernier,deux femmes visiblement journalistes du guide "le petit futé" préparent le terrain pour de prochaines investigations. La discussion de ces deux-là est de celles que l'on écoute d'une oreille même si l'on voulait ne pas le faire, le résultat est qu'on les entend sans vouloir les écouter. Il y a également une jeune serveuse aimable et pas débordée, et enfin la personne m'accompagnant qui à l'instar des trois autres femmes, il faut bien l'avouer, se trouve être très agréable à regarder.
Une conversation qu'il a précédemment eu au téléphone m'indique qu'il est du milieu médical, il sera généraliste. Cet homme est du coin sa lecture en atteste, il est en congé et ne lit Ouest France que l'orsqu'il a le temps.
L'homme ne porte pas d'alliance, il est divorcé, c'est sa femme qui est partie, il n'en est ni heureux ni malheureux et préfère dire que c'est bien comme ça, en tous cas il arrive à le croire. Il a décidé d'en profiter, il aime les femmes, les femmes aiment les médecins il s'offre une seconde jeunesse tout va pour le mieux.
Il a bien tenté de séduire certaines de ses patientes mais a vite abandonné cette idée, il tient à sa réputation de médecin de famille sans histoires et peut-être aussi un peu à son intégrité. Après le divorce il s'est très vite aperçu que son réseau d'amis étaient presque constitués d'amis de sa femme, son répertoire téléphonique lui en fut, de ce fait ,assez reconnaissant. Pour faire de nouvelles connaissances il s'est mis à tchater, il n'aurait jamais pensé avoir recours à cette pratique mais après tout... Sur ce genre de site l'annonce de son métier auprès des tchateuses fait son effet. Son métier est son pass, son ticket d'or.
Dans ce café, il se lève, il ballade son regard sur les étagères de livres. Il ne sait pas ce qu'il cherche, il aimerait aimer la poésie, peut-être pour surprendre les femmes, se suprendre lui-même aussi. Il aimerait savoir leur dire de jolies choses ,de grands textes, se les approprier. Les livres de poésie qu'il emprunte auprès de la bibliothèque municipale restent mi-ouverts mi-clos à l'image des plats trop fades qu'il a pourtant mis du temps à préparer. Il se résigne et préfère rester pragmatique, il aime l'histoire, les livres concernant sa région, cette dernière n'a plus trop de secrets pour lui, après tout ça épate certaines femmes tout de même.
Il est inscrit sur à peu près tous les sites de tchat, il cherche de tout, le meilleur moyen de ne rien trouver et d'oublier qu'il a beaucoup perdu. Ses trouvailles sont à la hauteur de ses recherches, jeunes quiches, vieilles rombières, femmes sans âges aux tristes traits, amour tarifé, misère célibataire ou misère adultère. De beaux mâles aussi, ça lui rappelle ses jeunes années de pensionnat et sa sexualité qui ne se dit pas.
Au coeur de cette masse informe se dessine parfois une perle, intéressante et raffinée souvent mariée. Les femmes raffinée cela lui plait, elles lui rappellent son ancienne vie. Quelqun qui par sa simple présence donne le ton, ne tolère que le bon, avec qui le mauvais goût et la légèreté n'est pas. Une tyrannie qui ne dit pas son nom pensa-t'il, l'art de tout maîtriser. Ca lui rappelle quelque chose cela est évident, quelque chose dans lequel il était bien finalement, il aime les femmes raffinées il aime sa femme mais ne préfère pas le penser.
Dans ce café il se sent bien, il se sent bien dans les cafés. Il se sent bien quand autour de lui il y a la vie. Deux femmes journalistes, une jeune serveuse et cette jolie femme en robe d'été. Il la regarde plusieurs fois c'est comme ça, quand le regard accroche il est difficile de s'en dépétrer de lutter. Cette femme est jolie mais plus que ça elle semble heureuse. Sa journée commence bien, parfois le bonheur des autres le touche jusqu'à l'atteindre, du moins pendant quelques instants. L'homme qui l'accompagne, il le regarde sans le voir, est ce lui qui la rend ainsi ?
Il ne préfère pas s'en soucier. Il préfère sortir du café et garder en mémoire l'image de ce si doux visage. Il préfère sortir du café en laissant une chance à son cerveau de pouvoir penser que le bien être de cette femme est de son fait.
Il aime cette sensation, ça lui rappelle quelque chose.