LE SEXISME EN 2012 : on en est ou ?

Publié le 29 Août 2012

LE SEXISME EN 2012 : on en est ou ?

Le sexisme ? On en a fini avec ça, les femmes travaillent, votent, sont libres de leurs corps, elles ont obtenu l'égalité non ? Que veulent-elles de plus ? Elles sont parvenues à sortir de leur seul rôle de mère et de leur ancestrale servitude, alors ?

Je voudrais partager ici quelques reflexions et constatations personnelles, et des chiffres qui m'ont scié pour la plupart quand je me suis intéressé d'un peu plus près à la situation actuelle.

La libéralisation sexuelle ; l'addition est salée.

La société capitaliste utilise le corps des humains mais principalement des femmes, pour vendre tout et n'importe quoi depuis longtemps dans le cadre de la publicité. N'ayant plus la télévision chez moi je pensais que les choses avaient évolué dans le bon sens ; il n'en est rien, c'est pire et (presque) personne ne semble s'en étonner. Autre exemple à la télévision, ces filles au physique aguicheur qu'on pose à côté ou derrière les invités ; ce principe est le même que celui de la publicité puisque la plupart des émissions télévisées sont là pour détendre le cerveau du téléspectateur, et le rendre disponible aux spots publicitaires.

Ces mêmes médias qui exposent ainsi les femmes, parlent de prostitution pour la plupart de façon orientée ; ils mettent en avant la prostitution choisie, qui en réalité est ultra minoritaire. 93% des femmes pratiquant la prostitution sont victimes de violences de la part des clients ou proxénètes. 95% de la totalité des prostitués veulent en sortir, alors pourquoi mettre autant en avant la prostitution choisie ?

Quelles conséquences sur les petits cerveaux des gosses ? Je remarque, pour avoir cotoyer pas mal d'entre eux, que les insultes à caractère sexistes sont à la mode. N'y aurait-il pas un rapport de cause à effet ? Cet accès permanent au corps des femmes devenus "en libre service" ne nuit-il pas au respect de celles-ci ?

La violence domestique :

Attention tenez-vous bien. Tenez-vous mieux s'il vous plait ; c'est la principale cause de mortalité et d'invalidité chez les femmes agées de 16 à 44 ans, avant le cancer et les accidents de la route.

Le travail et les salaires :

Quatre emplois précaires sur cinq sont occupés par des femmes. Et contrairement à une idée reçue, la plupart d'entre elles préfèreraient un temps plein. Si l'on compare les salaires hommes/femmes à poste et expérience équivalents, on constate un écart de 10%. Pourquoi ? rien ne le justifie. Peut-être que les femmes sont succeptibles de s'arrêter plus que les hommes pour faire des enfant et s'en occuper ? Comme si le fait de faire des enfants n'était pas un service rendu à la société, et puis les enfants ça se fait à deux non ? Discrimination pure et simple.

Dans ce domaine, plus on monte dans l'échelle socioprofessionnelle, plus les écarts sont significatifs. Chez les cadres on atteint plus de 30% d'écart. 17% des entreprises seulement sont dirigées par des femmes. Dans la fonction publique hospitalière où elles sont majoritaires (76% des postes), elles occupent 18% des postes de direction.

A l'assemblée nationale, c'est 26,6%, ce qui satisfait la plupart des politiques, n'oublions pas que la loi sur la parité a été votée il y a maintenant 12 ans.

Le monde littéraire n'en est pas épargné : la grande majorité des prix est attribué à des hommes, serait-ce parce que les jurys sont principalement constitués d'hommes ?

L'académie française elle compte 725 membres, depuis 1635, 6 femmes y ont accédé.

Pourquoi cela ? Les femmes ont-elles des capacités moindres que nous les hommes ? Vous rappelez-vous pourtant comme elles étaient fortes à l'école, que se passe t-il pour que les places les mieux loties soient prises par les hommes? Est ce que, forts d'une expérience de plusieurs milliers d'années, nous voudrions garder notre suprématie ? Avons-nous peur de perdre quelque chose ?

DEPUIS LA PETITE ENFANCE :

Et si nous étions tous coupables ? Si c'était notre façon d'élever nos enfants et d'inconsciemment les diriger dans la norme, pour qu'ils soient "bien dans leur genre", était en partie la cause du problème ? Il existe des différences biologiques entre les hommes et les femmes, mais ne servent-elles pas à justifier des inégalités purement sexistes ?

Un exemple simple que j'ai pu constater en tant que papa qui passe du temps dans les parcs de jeux ; les parents -cela vaut également pour les instituteurs(trices), nourrices, éducateurs- seront beaucoup plus tolérants avec un garçon lorsqu'il est turbulent, "c'est normal c'est un garçon il a besoin de se dépenser", une petite fille sera plus vite réprimée, car elle se doit de se comporter de façon douce et docile.

Si on s'attarde un peu sur les catalogues ou rayons de jouets, on croit rêver ; circuits de voitures, matériel de bricolage, jeux de construction, de guerre, ou à vocation scientifique pour les garçons. Poupées, dinettes, table à repasser, univers de princesse pour les filles. D'après des études de sociologues, la différenciation dans les rayons des magasins grâce à des codes couleurs ou carrément étiquetés garçons ou filles s'est accentuée depuis les années 90. Il n'y a donc plus aucune raison de sortir des rails.

LES TACHES MENAGERES :

Parlons enfin de la répartition des fameuses tâches domestiques qui évolue paraît-il ; en moyenne les femmmes consacrent deux fois plus de temps à s'occuper des enfants ou adultes à charge. Trois fois plus de temps pour les repas, quatre fois plus pour le ménage, dix fois plus pour le linge.

Le constat :

Les choses ainsi posées, le constat est sans appel ; nous sommes bien loin de l'égalité. Le sexisme est dans notre société actuelle une chose établie qui, par définition, a beaucoup de mal à bouger. Les choses évoluent mais tellement doucement que les progrès ne sont souvent que de surface. Encore faut-il avoir conscience du problème.

C'est à nous hommes et femmes d'aujourd'hui de faire évoluer cette situation. D'abord par le refus de transmettre à nos enfants de vieux schémas qui perpétuent les inégalités ; montrons leur que les hommes ont autant de capacités pour effectuer les tâches ménagères. Résistons à la pression sexiste des marchands de jouets, offrons du matériel de bricolage et des poupées aux filles comme aux garçons. Soyons variés dans les activités, sports et fillières que nous pouvons leur proposer.

Et puis s'il vous plait, arrêtez d'habiller les petites filles en rose bonbon princesse et les petits garçons en bleu équipe de france !

Prenons conscience de nos torts, le sexisme doit être combattu au même titre que le racisme, car il est fait de la même graine ; la croyance consciente ou inconsciente d'être supérieur, et engendre les mêmes maux ; la discrimination.

Il paraît que l'on peut mesurer l'évolution d'une civilisation à la place qu'elle accorde aux femmes, alors montrons l'exemple.

En un mot et comme dans beaucoup de domaine : RESISTONS ! Et j'ajouterais : EDUQUONS !

Reflexion qui vaut ce qu'elle vaut et qui ne demande qu'à être discutée. Bien à vous.

Rédigé par moi-même

Publié dans #reflexions

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M
Merci.
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S
J'aime beaucoup la conclusion, mais aussi le fond de l'article, sur le fait de résister &quot;en un mot comme dans beaucoup de domaines&quot; .<br /> Tout est lié et la résistance n'est qu' UNE contre toutes les injustices et les inégalités criantes qui se creusent partout et touchent d'abord les plus faibles, mais aussi le coeur et la raison des gens. On rogne, sans trop de résistance, tous nos pouvoirs de décision et de liberté .Jusqu'où?<br /> C'est là qu'il faut RESISTER, sinon j'ai bien peur que l'histoire ne se répète et que la droite la plus réactionnaire ne prenne le pouvoir par défaut, ou par lâcheté .
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